10 novembre: Baja Sur!
Cet épisode des Aventures de Pierre et Marie est commandité par qui offre un service de guide-accompagnateurs en caravanes de 25 jours au Mexique colonial avec séjour à Puerto Vallarta avec terrain de camping garanti pour l’hiver, au gré du client. Pour information :
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06h25, c’est l’heure à laquelle nous partons en ce samedi matin car nous avons 328 milles(app. 550 kms) à rouler jusqu’à Bahia Concepcion. Les 15 premiers milles de route sont affreux mais ça se replace assez rapidement par la suite pour devenir une route bien pavée au grand plaisir de MoMo.
À cette heure, il n’y a aucune circulation et le trajet jusqu’à Guerrero Negro, 114 milles plus loin, se déroule super bien si ce n’est que nous rencontrons un deuxième poids-lourd renversé sur le côté ! Ces « truckers » sont de véritables maniaques de la route et quelquefois ils passent tout droit dans une courbe … sans accotement ! Quelques camions et plusieurs personnes sont donc attroupées autour de l’énorme 56 pieds dans le fossé mais personne ne semble énervé comme si ça faisait partie de leur vie de tous les jours ! Il n’est donc pas surprenant de voir régulièrement de larges traces de freinage de camions sur la chaussée qui se terminent en ligne droite …dans le précipice ! Nous avons d’ailleurs dû rencontrer jusqu’à maintenant au moins une trentaine de petites croix disséminées le long de la route, sous lesquelles repose une pierre tombale, des fleurs et une photo qui ont été laissées là pour rappeler que quelqu’un est mort ici. Ce cimetière ambulant vous rappelle donc à la prudence et surtout à la concentration au volant !

Conduire un motorisé de dix pieds de large (avec les miroirs latéraux qui ressortent ) sur une route très étroite n’ayant que 18 pieds de large pour les deux voies de circulation lorsqu’on rencontre un poids-lourd tout aussi large relève donc de l’adresse et de la promptitude de réaction. J’ai donc dû improviser une petite méthode personnelle pour m’assurer une sécurité supplémentaire : je roule en plein milieu des deux voies lorsque je vois apparaître un camion à ½ mille, obligeant ce dernier à réduire sa vitesse quelque peu, et en me tassant sur mon côté j’actionne mon clignotant gauche pour le faire hésiter davantage. À environ 500 pieds de distance, il voit donc ma plaque « Canada » installée sur mon pare-choc avant (il s’aperçoit donc qu’il n’a pas un « gringo » américain devant lui) ainsi que les bandes de ruban adhésif BEIGE installées sur l’arrière NOIR de mon miroir latéral…et il se tasse de son côté, devant même emprunter sur le pied dépassant la ligne blanche latérale de la route servant de mince accotement m’assurant ainsi d’une marge de sécurité minimale, le reste ne dépendant que de moi et de l’adresse déployée!
Après deux barrages militaires sans anicroche, nous devons nous arrêter à la frontière de la Baja Sur, l’État du sud de la Baja California. Après avoir montré nos papiers de « migracion » et avoir payé 20 pesos ($2.00us) pour la fumigation de nos roues (!) supposémment pour tuer les insectes fruitiers que nous pourrions avoir rapporter de San Diego (!), on se fait finalement saisir nos citrons et limes, ces citrus étant prohibés lors de notre entrée. On a sauvé les poires, les ayant cachées !
Reprenant la route, nous apercevons pour la première fois un Green Angel. Ces « Anges Verts », parlant un peu l’anglais et commandités par le Ministère mexicain du Tourisme, patrouillent les routes principales du Mexique afin d’aider les automobilistes qui auraient besoin d’aide ou qui seraient tombés en panne. Habituellement en équipe de deux hommes, ils roulent en pick-up vert et ont quelques notions de mécanique, de l’essence et un poste de radio pour avoir de l’aide au besoin. On peut les joindre sur le canal 9 de notre CB.
La route est superbe et MoMo file à 110 k/h sur pratiquement tout le trajet jusqu’à Santa Rosalia où nous ne pouvons pas faire le plein de diesel puisque cette pompe est hors d’usage. Je m’étais pourtant bien préparé car un des guides routiers que j’utilise mentionnait une attention particulière envers les pompistes de cette ville. Voici leur truc pour arnaquer le touriste innocent : leur favori consiste à commencer à pomper alors que vous n’êtes pas encore sorti de votre motorisé et si le compteur n’a pas été remis à zéro …vous payez la facture de votre prédécesseur ! J’ai réglé ce problème avec un cap à essence muni d’une serrure ! Il doit donc attendre que je déverrouille moi-même avant de commencer et je peux ainsi lire le compteur à zéro. De plus, je ne me laisse pas distraire si un ou plusieurs « amigos » me demande ce qu’il y a à l’arrière pour me faire perdre de vue le compteur de la pompe …. qui pourrait être remis à zéro et recommencer à pomper en me disant que le montant était plus élevé lorsque la pompe « a fait défaut » ! Nous finissons par trouver du diesel à Mulegé, une superbe et très moderne station d’essence à 12 milles de la Bahia Concepcion, notre arrêt pour quelques jours. La pompe est automatique ! Personne à surveiller. Dommage...je m’étais préparé à une engueulade.

Je suis fatigué car nous avons roulé 328 milles dans des conditions pas toujours faciles. Mais la fatigue s’évanouit rapidement lorsqu’à un détour du chemin nous apparaît la Bahia Concepcion nous offrant un spectacle tout à fait enchanteur : vue du haut de la montagne d’où nous sommes, une baie d’un demi-mille de large parsemée de 4 ou 5 petites îles à environ 1,500 pieds du rivage de la plage ! Wow ! Pour un instant, on oublie la Playa El Requeson où nous devions nous rendre quelques kilomètres plus loin et on enfile sur le chemin menant à cette plage. Un vrai petit paradis ! MoMo s’installe donc juste à côté d’une palapa, (petit abri ouvert avec toit de paille) à 20 pieds de l’eau ! Super beau ! La vue est à couper le souffle. Quelle chance ! On fait vite la connaissance de nos voisins Erik et Mary venant de l’Oregon. On fraternise en prenant notre premier « Rhum & Coke » du voyage.

Un peu plus tard, retirés et assis sur nos chaises installées sur le sable juste en avant de MoMo, une chandelle allumée, on savoure le calme et la noirceur de la baie. Le ciel doit bien compter un million d’étoiles ce soir…
Le prochain épisode : Les plages de Bahia Conception |